Chère Petite Mandragore,
Je t’ai complètement abandonné pendant trois mois. Le début de l’année a filé, entre écriture du deuxième tome de ma fantasy Fiona Delavallée, travail sur ma communication instagram… J’ai des excuses à la pelle pour t’avoir négligé.
J’ai découvert les thèmes de mes livres
J’ai remis du sens dans ma communication, en réfléchissant aussi à ce que mes livres disaient. Parce que souvent j’écris, j’ai une idée des thèmes et une fois que je réécris je m’aperçois que j’ai parlé d’autres choses finalement. Parfois de quelque chose que je ne pouvais pas voir sans recul.
J’ai longtemps cru que je devais plaire à tout le monde. Lisser mes histoires ou au moins ma façon de les vendre aux gens. Finalement, parce que j’ai grandit avec ça en tête. Ne pas faire de vague. Etre la petite fille modèle.
Le poids des attentes des autres
J’étais la grande sœur, la copine sage de mes copines (et à qui les parents disaient : on compte sur toi pour surveiller tout le monde), celle qui a des bonnes notes en classe, qui a peur de décevoir n’importe quelle figure d’autorité (coucou les larmes et le psoriasis).
Dès que j’étais moi, on me disait que je parlais trop fort (trauma d’école - quand je suis passionnée, je m’enflamme et ma voix monte en volume). On se moquait de mes pantalons colorés (et aussi parce que j’étais grosse). On me reprochait d’être prétentieuse, juste parce que je ne me taisais pas.
J’ai appris à prendre moins de place.
Sauf que j’ai fini par ne plus savoir qui j’étais vraiment. Je savais ce que je voulais faire, mais je l’ai enrobé d’injonctions et de sécurité. J’ai raté le coche de l’aventure, parce que c’était pas sérieux.
Finalement, c’est ça que l’on retrouve dans mes romans aujourd’hui. Mes personnages sont écrasés par le poids des attentes des autres (des attentes parfois créées par les personnages eux-mêmes aussi).
Et les lecteurices suivent leur parcours pour s’en défaire.
Au fond, quand j’écris, je fais un peu ma psychothérapie !
La quête d’identité
Donc, une fois qu’on se défait des injonctions, qui on est ? Que reste-t-il de ce nous ?
La quête d’identité est aussi un cheminement de mes personnages. Même à plus de trente ans, iels se découvrent encore, évoluent.
Je ne crois pas que notre identité soit totalement figée. Elle se révèle à des moments charnières, elle se développe, se nourrit de nos expériences, de nos remises en question. Elle est multi-facettes, grandes et triviales dans ses petits détails.
C’est parfois difficile de se découvrir. C’est douloureux.
Ce chemin est aussi dans mes trois ouvrages, quatre même si j’inclus mon guide pratique Vivre végane qui, pour moi, l’aborde aussi.
La vérité est floue
Avec le temps, je réalise que la vérité n’est pas une science exacte. Bien sûr, je crois aux chiffres, aux statistiques (mais attention elles peuvent être manipulées aussi) et je ne vais pas vous dire que je crois que la terre est plate.
Ce que je veux dire, c’est que certains événements, selon qui les regarde les interprète, selon le souvenir que l’on en garde et que l’on transmet, se composent de plusieurs vérités.
Sais-tu, chère Petite Mandragore, que les souvenirs ne sont pas fiables ?
Le cerveau peut inventer des souvenirs.
Les souvenirs ne sont pas la vérité.
Personnellement, ça me bouscule un peu.
C’est aussi ce que j’explore dans mes histoires et particulièrement dans Fiona Delavallée, ma fantasy pour jeunes adultes qui rêvent de changer le monde.
Si ces thèmes résonnent en toi, chère Petite Mandragore, tu peux me répondre. Je laisse un peu de magie au bout de mon stylo.
Bonus !
Pour te remercier d’être ici, découvre en exclusivité les deux premiers chapitres de la fantasy pour jeunes adultes Fiona Delavallée.

Je partage avec toi mes derniers coups de cœur, parce que ça nourrit ma créativité et ça pourrait enrichir ton propre terreau de mandragore.
Lecture
J’ai eu un énorme coup de cœur pour Le Silence est à nous de Coline Pierré (en janvier, mais je ne t’ai pas écrit depuis). Il va être dur à détrôner. Ce roman en vers, féministe, tellement bouleversant, a touché mon cœur et ma tête. J’en parle dans un reel sur mon compte instagram.
J’ai adoré Dissidentes de Tosca Noury. Dans cette dystopie, le nombre de naissance féminine est très faible. Le gouvernement, face à cette crise de la natalité, a retiré tous les droits des femmes qui sont littéralement des utérus à féconder dès l’âge de 15 ans. Jo fuit ce destin et croise en chemin Edgar qui a grandit coupé du monde avec son grand-père. C’est un monde dur, violent, mais où il y a de beaux moments de tendresse, d’ouverture vers les autres. J’ai hâte de lire la suite.
Musique
Pour finir sur une note joyeuse, je suis allée au concert de Barbara Pravi.
Je veux retenir notamment cette chanson pour m’accompagner en ce moment :


